Harcèlement et comportements agressifs chez les enfants de 6 à 11 ans

Santé publique France - 2026

Dernière modification : 26 janvier 2026

En croisant les points de vue des parents et des enseignants, les résultats de l’étude montrent que plus de 16 % des enfants scolarisés en élémentaire sont victimes probables de harcèlement, près de 18 % des enfants ont des comportements agressifs, et un peu plus de 6 % des enfants cumulent le fait d’être victimes probables de harcèlement et d’avoir des comportements agressifs. Les enfants impliqués dans ces différentes situations présentent des indicateurs dégradés de santé mentale (domaine émotionnel, oppositionnel ou inattention/hyperactivité).

Ces résultats confirment qu’il faut, dès l’enfance, en complément d’un repérage précoce et efficace des situations de harcèlement, renforcer la prévention notamment via le développement des compétences psychosociales des enfants, qui sont des leviers à mobiliser afin d’apprendre à réagir dans différentes interactions sociales.

Ces travaux s’inscrivent dans une dynamique générale sur la santé mentale - Grande cause nationale 2025, prolongée en 2026 - visant notamment à promouvoir une bonne santé mentale et prévenir l’apparition de troubles de santé mentale. Cette étude permet notamment d’éclairer les décisions publiques nécessaires à la création, dès le plus jeune âge, d’environnements de vie favorables à l’épanouissement des enfants. 

Des situations de type harcèlement confirmées chez les enfants de 6 à 11 ans

Le harcèlement est l’un des principaux facteurs susceptibles d’impacter la santé mentale des enfants, avec des conséquences sur leur vie à court terme (anxiété, isolement, troubles du comportement) et moyen terme (dépression, pensées suicidaires, décrochage scolaire) ; c’est pourquoi mieux comprendre ce phénomène et agir contre le harcèlement sont de véritables enjeux de santé publique.  

Il est important de préciser que les résultats présentés ne concernent pas des situations de harcèlement sexuel ou de harcèlement d’un enfant par un adulte ; il s’agit uniquement de situations probables de harcèlement entre élèves survenues en milieu scolaire ou en dehors de l’école. 

Basée sur un échantillon représentatif de près de 8 200 enfants scolarisés du CP au CM2 en France hexagonale, en combinant les points de vue des parents et des enseignants, l’étude révèle que : 

  • 16,4 % des enfants sont victimes probables de harcèlement

  • 17,9 % des enfants ont des comportements agressifs

  • 6,1% des enfants sont à la fois victimes probables de harcèlement et ont des comportements agressifs

  • Les filles sont plus souvent identifiées comme des victimes probables de harcèlement et présentent moins souvent des comportements agressifs que les garçons.

Une santé mentale dégradée, en particulier chez les enfants à la fois victimes probables et ayant des comportements agressifs

L’étude montre également que les enfants victimes probables de harcèlement, et ceux ayant des comportements agressifs, ont plus fréquemment au moins un trouble probable de santé mentale, de type émotionnel, oppositionnel ou inattention/hyperactivité, impactant leur vie quotidienne, comparés aux autres enfants. 

Ce constat est d’autant plus marqué pour les enfants cumulant victimation et agressivité (6,1 %),  40,9 % d’entre-eux présentant au moins un trouble de santé mentale, comparés à 6,8% pour les enfants non impliqués. 

Parmi ces enfants cumulant victimation et agressivité :

  • 27,3 % d’entre eux présentent un trouble probable oppositionnel 

  • 18,4 % d’entre eux présentent un trouble probable d’inattention/hyperactivité

  • 10,2 % d’entre eux présentent un trouble probable émotionnel 

Pour les victimes, l’agressivité peut en effet être un mécanisme de protection contre leur propre détresse émotionnelle, soulignant l’importance d’une prise en charge.

Enfants impliqués dans des situations de type harcèlement : quelles vulnérabilités individuelles et familiales ? 

Autre constat : les enfants avec des troubles des apprentissages, ceux bénéficiant d’au moins un dispositif d’accompagnement à la scolarité, nés prématurément, en situation de surpoids ou d’obésité, ainsi que ceux avec de moindres compétences prosociales sont plus fréquemment victimes probables de harcèlement ou ont des comportements agressifs. Un antécédent d’agression ou de violence subie dans le passé (par une personne de plus de 15 ans) est davantage associé à des comportements agressifs chez les enfants. 

Par ailleurs, comparés aux enfants non impliqués dans des situations de type harcèlement, les enfants qui sont victimes probables de harcèlement ou présentant des comportements agressifs  sont plus souvent issus de familles monoparentales, avec un parent répondant ayant un niveau de diplôme inférieur ou équivalent au baccalauréat, et déclarant une situation financière perçue comme difficile. Les caractéristiques psychosociales du parent répondant (présence probable de dépression ou d’anxiété et faible soutien social perçu) sont également associées à l’implication de l’enfant dans des situations de harcèlement. 

Enfin, les résultats ne suggèrent pas d’association avec la fréquentation de la cantine ou de l’accueil périscolaire. A noter également que l’usage des réseaux sociaux tend à être plus fréquent chez les enfants avec des comportements agressifs comparés aux autres.
Il convient cependant de rappeler que ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes, mais plutôt comme l’expression de vulnérabilités dont l’effet dépend fortement du contexte dans lequel évolue l’enfant.

Prévenir le harcèlement entre pairs : quels leviers d’actions auprès des enfants ? 

Ces résultats confirment qu’il est nécessaire d’intervenir dès le plus jeune âge et plaident pour l’importance de la prévention et d’un repérage précoce efficace des situations de harcèlement, qui constituent un levier d’action essentiel pour améliorer la santé mentale des enfants dès l’âge de 6 ans. 

Santé publique France s’engage par exemple dans le déploiement des compétences psychosociales  (CPS), un levier à mobiliser au bénéfice de la santé mentale dès le plus jeune âge. Le renforcement des CPS peut en effet aider à créer un climat scolaire protecteur et inclusif, tout en prévenant des dynamiques de domination et de violence entre pairs. Ainsi, en 2022, l’Agence a publié un premier état des connaissances sur les CPS et un référentiel théorique, complétés par un référentiel et des ressources opérationnels publiés en 2025. Dans le cadre de la stratégie interministérielle sur le développement des CPS des enfants et des jeunes, Santé publique France élabore et co-construit ces outils afin d’accompagner les acteurs dans les territoires. C’est ainsi qu’elle a apporté l’expertise CPS pour la construction du kit empathie de l’Education Nationale, généralisé à la rentrée 2024 dans les écoles maternelles et élémentaires. [Résumé éditeur]

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