Chikungunya : des coûts sociaux négligés
IRD - 2026
Dernière modification : 17 avril 2026
La maitrise des risques épidémiques ne peut reposer que sur les données médicales, mais doit aussi tenir compte des impacts économiques et sociétaux.
Souvent associées, la dengue et le chikungunya sont deux maladies vectorielles transmises par les moustiques Aedes aegypti et Aedes albopictus. Si les deux provoquent fièvre, maux de tête et fatigue intense, le chikungunya entraîne en outre des douleurs articulaires chroniques pouvant être très invalidantes, avec des répercussions économiques et sociales multiples. Le chikungunya est une maladie émergente qui se répand rapidement et s'endémise dans les régions tropicales où les moustiques sont présents toute l'année. L'île de La Réunion en a fait l'expérience : une épidémie a touché plus de 70 % de sa population en 2024-2025. En France métropolitaine, le nombre de foyers a explosé durant l'été 2025, portés par des cas réunionnais mais aussi par de nombreuses contaminations autochtones. Et cela n'est qu'un début : avec le dérèglement climatique, les hivers se raccourcissent et le risque d'endémisation de maladies tropicales augmente. Dans un contexte de réductions budgétaires dans la santé publique, il est pourtant plus urgent que jamais de renforcer la surveillance épidémiologique en France et en Europe, notamment grâce à des données statistiques.
Pour mieux comprendre et mettre en lumière les coûts sociaux invisibles, une équipe scientifique a réalisé une étude de modélisation mathématique sur l'impact économique des épidémies de chikungunya dans les pays du sud de l'Europe. Parmi les signataires, David Roiz, chercheur en écologie et épidémiologie des maladies émergentes transmises par les moustiques au sein de l'UMR MIVEGEC, répond à nos questions. [Résumé éditeur]