Quand les troubles du comportement nous mettent à l'épreuve

La revue santé mentale - 13 octobre 2026 à Paris

Dernière modification : 16 mars 2026

« Inhibé+++ », « Intolérant à la frustration++ », « En retrait++ », « Agité++ », « Ralenti++ », « Oppositionnel+++», « Logorrhéique++ », « Incurique++ », « Nous pousse à bout ! », les transmissions soignantes témoignent souvent de la fréquence des troubles du comportement des patients et la qualification « ++ », si peu descriptive, illustre bien la difficulté à nommer, écrire et penser ce qui se donne à voir.

Entre excès et retraits, qu’entend-on d’abord par comportement ? A l’hôpital, en structures médico-sociales, à partir de quand peut-on parler de « trouble du comportement » ? Que dit la sémiologie ? Il peut en effet être question de difficultés de régulation émotionnelle, d’organisations défensives face à l’angoisse, de réponses à des environnements précoces carentiels ou traumatiques ou encore de tableaux relevant de troubles neuro-développementaux. Quoi qu’il en soit ces troubles ont une logique dans la dynamique psychique et relationnelle de celui qui en souffre et tente ainsi de solliciter les soignants… Ils doivent donc être décrits, situés, interrogés : quand apparaissent-ils ? dans quelles circonstances ? comment sont-ils accueillis ? existe-t-il des moments où ils ne se manifestent pas ? Qu’en dit la personne qui les agit ? Quel sens ont-ils pour elle ? 

Tous ces troubles du comportement, souvent surprenants voir déstabilisants, suscitent incompréhension, colère, peur ou tristesse chez les soignants et les confronte à une expérience clinique qui ne se limite pas à interroger le symptôme. Elle éprouve aussi leur capacité à contenir, à penser ensemble un espace où quelque chose du sujet puisse être entendu. 

Certains troubles sont spectaculaires, attirent l’attention, mobilisent les équipes et mettent le cadre de soins à l’épreuve. Comment alors apaiser et résister à la tentation coercitive ? D’autres manifestations, plus discrètes, sont en apparence moins menaçantes. Ces patients qui ne demandent rien et semblent présents sans être mobilisables, deviennent alors cliniquement invisibles. Comment aller vers ceux, dépressifs ou inhibés, qui cherchent à se faire oublier ? Comment dépasser le sentiment d’inutilité ou d’impuissance qui peut surgir dans une équipe pour retrouver une dynamique de soin ?

Le repérage précoce, les outils d’évaluation, l’analyse des pratiques, la collaboration des pairs-aidants (pour peu qu’une vraie place leur soit assignée), les médiations thérapeutiques, l’élaboration conjointe de directives anticipées, le traitement collectif du fonctionnement de l’institution constituent autant d’outils qui peuvent redonner à ces troubles du comportement leur fonction de « message » adressé aux soignants. Les penser collectivement, c’est leur redonner du sens, restaurer un cadre suffisamment contenant, et permettre au sujet de retrouver une place apaisée au sein du lien social.

« Aucun comportement ne doit amener à priver une personne de sa liberté, ni de ses capacités cognitives ou communicationnelles » (Hervé Menaut).

Cette thématique sera exposée en quatre temps (ou tables rondes) afin de :

– cadrer le problème,

– en repérer les manifestations concrètes,

– les penser pour comprendre

– et enfin agir pour modifier les pratiques.

Les participants sont ainsi invités à un parcours réflexif sur une problématique qui les mobilise.

Lundi 12 octobre 2026
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